[ Stream & Album Review ] Jon Hopkins – Immunity

Publié le 09/11/2014 | Par Pierre |

Il y a des artistes talentueux qui marquent leur année ou leur décennie et il y a ceux qui marquent leur génération toute entière grâce à une énergie pure et innée.
À l’aube d’un tout nouvel album qui sortira surement en 2015 et qu’il a débuté cette semaine à Tokyo, Jon Hopkins fait parti de ceux là, torturé, sombre et clair à la fois, son art de génie électronique il le pousse dans chaque morceau qu’il confectionne tel un orfèvre, polissant son bijou pendant des heures et des heures sous toutes les facettes possibles, jusqu’à obtenir le son parfait, l’arrangement parfait, l’émotion parfaite.

C’est ainsi que dans son précédent album nommé « Immunity« , il nous livre une dizaine de morceaux (hors remixes) qui ne laissent personne indifférent.
Tantôt lumineux comme avec « Abandon Window » track entièrement au piano, tantôt très sombre et oppressant comme avec le gros « Collider ». L’attaque est donnée par « We disappear » qui d’entrée de jeu nous donne un aperçu de l’étendue de ses capacités. Un pied bancal, des sons charnus, des compressions efficaces et surtout une distorsion appliquée ça et là, juste ce qu’il faut pour rendre une atmosphère légèrement pesante et appuyée.
Le tout soutenu et surélevé par des leads ultra lancinants en réverbération sur l’arrière-plan de la scène sonore, car oui, Mr Jon Hopkins bosse quasiment en « 3D » et écouter ses morceaux au casque donne une dimension presque spirituelle tant l’auditeur peut se laisser emporter à cette foule de petits sons disséminés tel un petit poucet.
Nous retrouverons à peu de choses près la même ambiance dans les deux morceaux suivants : « Open Eye Signal » et  » Breathe This Air ».
Arrivé au 4ème chapitre, le « Collider » ce morceau qui est un véritable ode à la musique électronique. C’est une sorte de mixture de torture mais aussi d’espoir qui monte crescendo, comme un rouleau compresseur que rien ni personne ne pourrait arrêter. À écouter absolument sur du gros son ou avec un bon casque, ça fait forcément son petit effet. Avec une durée de 10 minutes nous atteignons l’apogée vers le milieu du morceau quand le lead monte d’un octave et qu’une légère voix fantomatique vient par l’arrière lancer un dernier appel de détresse. Frisson garanti.
L’album se terminera sur « Immunity » qui est une redescente toute en finesse au piano de nouveau, une musique idéale pour s’endormir l’esprit ouvert sur un monde meilleur.

Pour conclure, si il devait y avoir un fil conducteur à SA musique, c’est cette force magique à détruire littéralement les conventions, cet éclair de génie à pouvoir réécrire l’émotion.
Rien de tel à ma connaissance n’a vu le jour depuis James Holden sous Border Community.

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