[ Interview ] Breton

Publié le 03/12/2014 | Par Sandrine |

Vendredi soir, nous étions à Paloma (Nîmes) pour assister au concert des Londoniens Breton qui défendaient sur scène leur album « War Room Stories ». Booké à l’occasion d’une This Is Not A Love Night par l’asso Come On People, nous avons a pu assister à un live parfait tant sur le plan musical que visuel.
On en a profité pour rencontrer Roman Rappak, le leader du groupe qui a répondu à nos questions dans un français impeccable.

L’interview

Sandrine : Peux-tu nous expliquer comment est né Breton ?
Roman : On a commencé à deux, Adam et moi. On tournait des clips et on jouait dans des groupes, puis on a essayé de trouver un endroit pour montrer nos films. Mais dans le cinéma, à part dans les festivals, c’est assez difficile de les diffuser. Du coup on a décidé de former un genre de groupe qui jouait des sons et des bandes sonores en live sur un fond d’illustrations.

Sandrine : En parlant de live, tu peux nous raconter votre premier concert  ?
Roman : Je ne m’en souviens pas mais nos premières représentations avaient lieu dans des « squat parties » et des installations d’art, pas vraiment des salles de concerts ! Petit à petit, on a joué dans des plus grandes salles et c’est à ce moment là que l’on a ajouté d’autres membres au groupe.

Sandrine : Et maintenant, ça représente quoi la scène pour vous ?
Roman : C’est un moment réel contrairement au coté virtuel d’internet (musique, photos et films).

Sandrine : Le nom du groupe fait référence à André Breton, qu’est-ce qui t’attire chez les surréalistes ?
Roman : C’est tellement cliché de jouer dans un groupe ! Tu vois un groupe comme les Arctic Monkeys montre que rien n’a changé dans la musique. Bien sûr, c’est cool d’avoir des groupes comme ça, car il y a des gens qui veulent écouter du rock. Et c’est la même chose pour le hip hop et l’electro, il y a toujours des gens qui ne font que du hip hop et de l’electro !

« Ne pas vouloir changer quelque chose, peut donner une impression de paresse. »

Et ce n’est pas vraiment ce que je voulais faire. Pour moi, ne pas vouloir changer quelque chose, peut donner une impression de paresse. Les surréalistes parlaient un peu de ça, de l’art devenu statique, homogène et trop conventionnel. Et il était temps que quelqu’un comme Duchamp propose des trucs qui te font poser des questions !

Sandrine : C’est toi qui écrit et compose les morceaux, comment est-ce que tu fais passer tes idées aux autres ?
Roman : En fait, on travaille en collaboration. Je commences tout seul et on termine ensemble. Mais ce n’est pas toujours simple !

Sandrine : roman-breton-palomaQuels artistes ou groupes peuvent influencer ton travail ?
Roman : J’aime bien David Byrne. Il a écrit un livre qui s’appelle « How Music Works » où il y a beaucoup d’idées qui m’ont marquées.

Sandrine : Vous avez récemment sorti une réédition de votre album « War Room Stories » avec 11 titres inédits. De quoi faire un nouvel album, non ?
Non ! C’était important pour nous de ne pas faire exactement le même album avec juste quelques titres en plus. Ca ne pouvait pas être le nouvel album de Breton, c’est un entre deux. C’est en fait le dernier chapitre de « War Room Stories ».

Sandrine : Cet été, vous avez remixé le titre « West Coast » de Lana Del Rey. Qui a choisi ce morceau et pourquoi?
Roman : C’est son manager qui nous a proposé ça. J’aime beaucoup sa voix et je trouve qu’elle se prête à beaucoup de trucs. C’était très intéressant de le faire. Son deuxième album est dans un genre bien spécifique. Je voulais entendre une chanson de Lana Del Rey sans que ce soit trop « album to » Lana Del Rey !

Sandrine : Si tu devais choisir trois mots pour décrire Breton, ce serait lesquels ?
Roman : Post Internet Music.

Sandrine : On retrouve qui dans ta playlist du moment ?
Roman : Arca
qui est un producteur New-Yorkais qui habite à Londres. Il va d’ailleurs s’occuper du prochain album de Björk.
Ratking qui fait du hip hop américain très underground et c’est vraiment cool.
Et le polonais Snorbes, qui a assuré nos premières parties en Pologne.

Sandrine : Quels sont les projets du groupe pour l’avenir ?
Roman : On vient de faire à peu près 200 dates pour « War Room Stories ». Notre dernier concert marquera la fin d’une époque. Nous allons passer noël à Londres avec nos familles et on verra ce qui se passera ensuite.

Le mot de la fin

Nous terminerons cet entretien avec Roman avec l’écoute de leur sublime album «  »War Room Stories » et en remerciant Roman pour sa disponibilité et sa gentillesse ainsi que  Paloma et Come On People.

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